Disciplina da Pós Graduação em História - HIST7107
Disciplina da Pós Graduação em História - HIST7107
Docente(s) responsáveis pela disciplina : Catherine Fhima (EHESS-França) e Rafael Faraco
Benthien (PPGHIS).
O curso será ministrado por Catherine Fhima em língua francesa, contando com a intermediação
de Rafael Faraco Benthien. Não será realizada, contudo, tradução simultânea.
Ementa:
A cultura como objeto de investigação historiográfica. Tensões entre cultura, civilização e
natureza na historiografia e no pensamento social.
Conteúdo: Faire de l’histoire sociale des écrivains et des savants (1880-1930) : Configurations,
interactions, don et contre-don.
Lundi 17/08/2026 4h – Matin
Cours 1 - Introduction générale –
Première partie - cours
Je propose ce sujet « Faire de l’histoire sociale des écrivains et des savants (1880-1930) :
configurations, interactions, don et contre-don », en partant de mon propre sujet de recherches, car
je voudrai établir une sorte de « dialogue » entre sujet général et sujet particulier qui peuvent être
conduits par des méthodes de travail et de recherche similaires. Mon travail est de nature socio-
historique. Il s’intitule : « L’expérience des identités à l’épreuve de l’histoire. Être écrivain, juif et
français (1880-1930) ». Tout au long des leçons que je propose je me fonderai sur ce travail pour
mener des réflexions générales qui s’appliquent à tous sujets de ce type.
Lorsque l’on fait de l’histoire sociale des écrivains et des savants, en France, il est commun
de s’inscrire dans une histoire des intellectuels ou bien ce que l’on a appelé une « histoire
culturelle ». Les approches privilégiées par cette histoire sont les idées, les grandes figures, et
surtout, les engagements politiques à partir desquels se déroulent les parcours et les œuvres : voir
par exemple Pascal Ory et Jean-François Sirinelli, Les intellectuels en France, de l’affaire Dreyfus
à nos jours (1986-2003), Michel Winock, Le siècle des intellectuels (2014), et Christophe
Prochasson, Les intellectuels, le socialisme et la guerre 1900-1938, (1993). D’autres travaux
envisagent également l’histoire des intellectuels sous l’angle des engagements mais avec des outils
théoriques issus de la sociologie de Pierre Bourdieu, et notamment avec le concept de « champ » :
voir Christophe Charle, Naissance des « intellectuels » (1880-1900) (1990) ; Gisèle Sapiro, La
Guerre des écrivains, 1940-1953, (1999). Cette liste n’est pas exhaustive. Concernant la question
des identités d’écrivains il est utile de lire la sociologue Nathalie Heinich et notamment Être
écrivain. Création et identité (2000), même si l’on choisit une démarche différente.
Lorsqu’on fait de l’histoire sociale d’écrivains et savants français qui sont juifs, le problème
de l’usage des références est tout aussi complexe. D’abord parce que l’histoire des intellectuels fait
rarement entrer dans ses critères de réflexion ce qui est au cœur de mon sujet : « la différence d’être
juif ». La construction nationale et politique française prétend ne faire aucune différence entre tous
les citoyens depuis la Révolution française et de la construction française du principe de laïcité qui
suppose une séparation des églises et de l’État (loi de 1905) et donc une séparation du privé
(l’expression de la religion) et du public (l’expression de la citoyenneté). Les Juifs sont considérés
comme une minorité figurant comme éléments de « récits » historiques seulement quand ils
apparaissent comme un « problème » pour la société (ainsi les livres qui mentionnent
l’antisémitisme fin de siècle ou ceux sur l’affaire Dreyfus). On est donc dans l’obligation d’utiliser
des ouvrages particuliers mais qui posent d’autres problèmes. Les ouvrages dominants sont ceux
de Pierre Birnbaum à la suite de son livre Les fous de la République. Histoire politique des Juifs
d’État, de Gambetta à Vichy (1992). Je m’en tiendrai à cet exemple.
J’ai adopté une manière de penser, une méthode d’enquête et un point de vue assez différents
de toutes ces études devenues des classiques.
Voici les thèmes que je vais aborder dans les cours que je vais donner :
leçon 2 : la question des sources ;
leçon 3 : la problématique, comment travailler à partir des sources ;
leçon 4 : les modèles que l’on se donne, les outils, les concepts ;
leçon 5 : l’écriture qui est à la fois commencement et achèvement d’un travail de recherche.
Leçon 6 : conclusion : éthique de la recherche
Cours 1. Deuxième partie : Travaux pratiques : se servir d’une bibliographie avec un point
de vue critique - Textes
De quoi parle-t-on ? Des personnes ou des œuvres ?
* Un extrait de Gisèle Sapiro, « Le Champ est-il national ? la théorie de la différenciation sociale
au prisme de l'histoire globale », Actes de la recherche en sciences sociales, 2013/5, n° 200, p.
70-85. https://www.cairn.info/revue-actes-de-la-recherche-en-sciencessociales-2013-5-page-
70.htm
* Un extrait de La vocation de Judith Schlanger (Seuil, 1997) afin de réfléchir sur les débuts, sur
l’entrée des acteurs dans leur choix de faire « une œuvre » (littéraire ou scientifique).
Mercredi 19/08/2026 – 4h - Matin
Cours 2 : Première partie - La question des sources
En partant de mon propre travail, je développerai dans ce cours tout ce qui concerne les
sources qui sont le matériau à partir duquel se construit la problématique qui conduit la recherche.
Quand on étudie des écrivains et des savants, qu’ils soient juifs ou non, on doit penser : 1/ aux
œuvres, 2/ aux espaces de publication (revues, éditeurs), 3/ aux correspondances (manuscrites ou
imprimées).
Je propose de réfléchir sur la diversité, le foisonnement, les périodes sur lesquelles on
travaille, etc. ce qui conditionne ensuite les questions à se poser. Je propose aussi de réfléchir sur
les manques, sur les absences et comment traiter le rapport entre abondance et absence.
➔ Cours 2 – 2e partie - Travaux pratiques sur les sources :
* Un extrait d’Arlette Farge, Le goût de l’archive (Seuil, 1989).
* Parmi plusieurs types de supports, les correspondances : je propose quelques pages de
l’introduction de ma thèse (partie fonds de correspondances)
Vendredi - 21/08/2026
Cours 3 – 1re partie - Construction de l’objet, élaboration de la problématique : comment
travailler à partir des sources ?
Il s’agit de se poser les bonnes questions, la problématique conduit tout le travail. Le problème
des idées préconçues. Choix du type de démarche : Choix du type de démarche : dans mon cas je
suis partie non pas des modèles théoriques qui sous-tendent les travaux que j’ai présentés en
introduction, mais des sources elles-mêmes, de ce qu’elles disent, de veiller au contexte
d’élaboration des écrits, de toujours se poser la question de qui écrit et comment et quand. Les
parcours des écrivains sont divers. Ils ne connaissent pas la fin de l’histoire (pour eux-mêmes.) Le
problème de la cohérence, des contradictions, etc.
Ainsi dans mon travail la problématique a été celle des identités. L’un des problèmes a été de
savoir reconnaître ce qui avait du sens à cet égard dans les sources. Et notamment quand il est
question non pas d’un auteur, mais d’auteurs pris dans des groupes d’auteurs.
➔ Cours 3 - 2e partie : Travaux pratiques : textes sur la Construction de l’objet, élaboration de
la problématique : comment travailler à partir des sources.
* Erving Goffman, les pages portant sur “l’alignement sur le groupe” dans Les cadres de
l’expérience.
* Catherine Fhima, « L’identité en face à face. Ce que l’identité fait et fait faire au miroir de
l’altérité, Questions de communication, 2019/2, n° 36, p. 147-165, https://www.cairn.info/revue-
questions-de-communication-2019-2-page-147.htm
Lundi 24/08/2026 –
Cours 4 : 1ère partie : Modèles, outils, concepts.
Dans mon travail j’ai été conduite à travailler avec la notion de « configuration » empruntée
à Norbert Elias. Cela signifie de parler d’interdépendance, et donc traiter de “relations” entre les
acteurs ; en complément j’ai utilisé la sociologie interactionniste d’Erving Goffman précisément
pour étudier le fonctionnement des interactions, examiner le langage, les phases de communication
entre les personnes. Mais plus spécifiquement, traitant des identités d’auteurs juifs, le cadre
historique étant celui de l’héritage de la Révolution française, j’ai rajouté une façon d’interpréter
cet héritage qui permet d’expliciter le rapport des auteurs au judaïsme et à la France, à travers l’essai
contemporain du sociologue Marcel Mauss : Essai sur le don. Forme et raison de l’échange dans
les sociétés archaïques dans L’Année sociologique 1923-1924, repris dans Sociologie et
anthropologie, PUF 1950 (1938).
➔ Cours 4 – 2e partie - Travaux pratiques : textes autour de la leçon Modèles, outils, concepts.
* Norbert Elias : extraits sur la configuration (plusieurs livres, La Société des individus, Norbert
Elias par lui-même, etc.)
* La question du contre-don liée au sacrifice pendant la Grande Guerre : je propose l’analyse que
j’ai faite dans des pages de ma thèse de la correspondance entre Durkheim et Mauss, par rapport à
la mort de Robert Hertz, en utilisant les analyses de Goffman (Façons de parler).
Mercredi 26/08/2026 – Matin – 4 h
Cours 5 – 1re partie : L’écriture : commencement et achèvement d’un travail de recherche
Dans cette leçon, je voudrais aborder les réflexions sur les façons de présenter un travail de
recherche, j’entends un travail achevé, quel qu’il soit : article, note, présentation de textes, livre,
thèse, travail universitaire.
Je reviens sur mon titre : le titre général ne dit pas grand-chose des sujets variés à l’intérieur
d’une histoire sociale. En revanche le sous-titre oriente la réflexion méthodologique. Dans l’intitulé
de mon travail en revanche, il y a plus de précisions : les mots « expérience », « épreuve »,
« histoire » du titre principal indiquent l’orientation de toute la recherche. Le terrain de réflexion
est signifiant également dans le sous-titre : écrivain, juif, français.
Du bon usage raisonné du vocabulaire (en lien avec une bibliographie attendue ou non), et
d’une méthode d’exposition. On pourra aussi parler du plan qui est un préliminaire au travail
d’écriture, qui permet de projeter le raisonnement qui conduit la recherche.
D’autres dimensions surviennent et je termine par là : écrire signifie clarté, adresse à un
lectorat, mais aussi ordre d’écriture (on écrit l’introduction et la conclusion quand on a fini) : décrire
des documents, décrire une méthodologie, expliquer, démontrer, éviter les jugements de valeur,
valoriser des idées, hiérarchiser les propos, donner le rythme de la pensée, écrire sous contrainte (le
nombre de signes ou de mots dans des revues, des livres), utiliser le présent, le passé, etc.
➔ Cours 5 – 2e partie - Travaux pratiques sur la question de l’écriture : textes
* Howard S. Becker, Écrire les sciences sociales. Commencer et terminer son article, sa thèse ou
son livre ? (Economica, 2004).
* L’article de Lamia Zaki, « L'écriture d'une thèse en sciences sociales : entre contingences et
nécessités », Genèses, n° 65, 2006/4, p.112-125. https://doi.org/10.3917/gen.065.0112.
Vendredi 28/08/2026 – Matin 4h
Cours 6 : Conclusion – Pour une éthique de la recherche – 1re partie
Pour conclure, après avoir traité l’écriture, je poserai la question des positions que l’on doit adopter,
à mon sens, dans toute recherche.
Je vais donc revenir sur la méthode : la question de la discipline importe. La première réflexion est
celle-ci : quand on est historien on doit se méprendre de plusieurs pièges
1. le piège du temps (ne pas préjuger de ce qu’il se passe après et dont seul l’historien ou le
sociologue est informé). Nous ne sommes pas dans de la prophétie.
2. le piège de « qui parle » : ne pas faire de confusion entre ce que pensent les acteurs et ce que
nous pensons. Bien délimiter les espaces. Se méfier aussi des évidences. Se poser la question : est
ce que les acteurs ont vraiment le même langage que moi, pensent-ils dans des schèmes cognitifs
équivalents ?
3. le piège de l’écriture : Le récit peut être un « piège », pour emprunter le mot à Louis Marin.
Comment on écrit ? il faut aborder cette question : récit ou écriture descriptive et analytique ?
Ensuite il y a 3 types de positions conscientes et lucides à adopter :
1. Soi face à son sujet : « être affecté »
C’est-à-dire être affecté par le terrain, par les sources, par la problématique et par les questions
afférentes. Comment l’est-on : sommes nous extérieurs, ou à l’intérieur de l’objet de recherche.
Quelle distance adopter. Et quelles sont nos émotions face au sujet.
2. Notre sujet face aux autres
J’aborderai ici le fait qu’on n’est jamais seuls dans une recherche, ni les premiers à se poser telle
ou telle question. Mais pour que la recherche soit intéressante, il faut aussi se démarquer, et avoir
une attitude critique vis-à-vis des modèles existants.
3. À quelle distance de l’objet réfléchir. On ne doit pas confondre recherche, savoir scientifique et
opinion. Il s’agira ici de réfléchir sur les questions de militance appliquées à l’histoire et aux
sciences sociales. La distance requise entre le savant et le politique (Max Weber) sera abordée.
Cours 6 – Conclusion : pour une éthique de la recherche – Textes
→ Norbert Elias : Engagement et distanciation. Contribution à une sociologie de la connaissance,
Paris, Fayard, 1993.
→ Arlette Farge, « Écrire l’histoire », Hypothèses 2004/1 7, p. 317 -320.
https://doi.org/10.3917/hyp.031.0317
→ Jeanne Favret-Saada, « Être affecté », In: Gradhiva : revue d'histoire et d'archives de
l'anthropologie, n°8, 1990, p. 3-9; doi : https://doi.org/10.3406/gradh.1990.1340
Cronograma:
- Segunda-feira, dia 17/08/2026 – aula 1 - Introduction générale.
- Quarta-feira, dia 19/08/2026 – aula 2 : La question des sources.
- Sexta-feira, dia 21/08/2026 – aula 3 : La problématique, comment travailler à partir des
sources.
- Segunda-feira, dia 24/08/2026 – aula 4 : Les modèles que l’on se donne, les outils, les concepts.
- Quarta-feira, dia 26/08/2026 – aula 5 : L’écriture : commencement et achèvement d’un travail
de recherche.
- Sexta-feira, dia 28/08/2026 – aula 6 : conclusion : une éthique de la recherche
Avaliação:
Texto monográfico, entre 15.000 e 20.000 caracteres sem espaçamento, a serem encaminhados
para o endereço eletrônico rfbenthien@ufpr.br, em português ou francês, indicando: 1) pontos que
julgou interessantes ou desinteressantes no curso; 2) uma reflexão sobre as possíveis pontes entre
o curso e o tema de trabalho do/a estudante.
Bibliografia mínima:
• Arlète Farge, O Gosto do Arquivo, São Paulo, Edusp, 2009 (Trad. Fátima Murad).
• Arlette Farge, « Écrire l’histoire », Hypothèses 2004/1 7, p. 317 -320.
https://doi.org/10.3917/hyp.031.0317
• Catherine Fhima, « L’identité en face à face. Ce que l’identité fait et fait faire au miroir de
l’altérité, Questions de communication, 2019/2, n° 36, p. 147-165,
https://www.cairn.info/revue-questions-de-communication-2019-2-page-147.htm
• Gisèle Sapiro, « Le Champ est-il national ? la théorie de la différenciation sociale au
prisme de l'histoire globale », Actes de la recherche en sciences sociales, 2013/5, n° 200,
p. 70-85. https://www.cairn.info/revue-actes-de-la-recherche-en-sciencessociales-2013-5-
page-70.htm
• Norbert Elias, A Sociedade dos Indivíduos, Rio de Janeiro, Zahar, 1994 (trad. Vera
Ribeiro)